Una parte significativa de los votantes de Milei está molesta porque la inflación no baja. Los enemigos del Presidente, que son muchos, quieren aprovechar este comprensible malestar de la sociedad para embestir contra él. Curiosamente, Misteriosamente Y si la derecha francesa se reconcilia con la libertad económica?
Por Julio Burdman
8 de mayo de 2026
Lors des élections municipales à Cannes, vous avez obtenu un résultat véritablement exceptionnel: 81 % des voix. Après deux mandats, à quoi attribuez-vous ce succès ?
Ce résultat exceptionnel, face à l’union de la gauche et au RN, je l’attribue d’abord à une méthode et à un état d’esprit constants depuis le début : celui de travailler, de travailler, de travailler, de concrétiser les engagements en faveur de Cannes et de rendre des comptes. Avec l’équipe qui m’entoure, nous avons fait progresser la ville et l’avons rendue plus attractive. Nous avons baissé la fiscalité et la dette, freiné la dépense et amélioré le cadre de vie. Ce score montre aussi qu’une ligne de droite indépendante et claire peut rassembler très largement. Ensuite, il y a une méthode de travail à laquelle je reste fidèle : la constance des idées et de l’action. Je fais campagne à chaque fois comme si c’était la première, par respect pour les électeurs. Cela passe par un programme extrêmement précis, qui n’est pas un catalogue électoral, mais une véritable feuille de route pour le mandat. Cette méthode repose aussi sur une présence très forte sur le terrain : de grands meetings bien sûr, mais aussi beaucoup de réunions d’appartement, qui permettent un dialogue direct avec les habitants et de responsabiliser chacun. Rien n’est jamais acquis. Et le plus important est d’être franc, de savoir dire non et s’appliquer à soi-même ce que l’on demande aux autres.
Comment voyez-vous la France et ses principaux défis ? Sommes-nous dans la dernière ligne droite de l’ère Macron ?
Nous sommes arrivés au bout de trois cycles, de différentes temporalités. Celui de l’européanisation du monde, qui voit reculer la puissance et l’influence du continent, et avec lui celles de la France. Celui de l’Etat Providence, modèle de redistribution périmé qui ruine le pays et appauvrit ses habitants. Et celui du macronisme, une parenthèse dans l’histoire politique récente, qui aura accompagné et même aggravé le déclin de la France, dans tous les domaines. La France reste une grande nation, mais elle est considérablement affaiblie par des maux qui l’accablent depuis au moins quatre décennies, et que la classe politique, de droite comme de gauche qui se succède au pouvoir, n’a pas su enrayer. Les défis qui se poseront lors du prochain mandat sont très clairs et colossaux : rétablir les finances publiques en sortant de la spirale de la dépense inefficace, pour rétablir l’autorité et l’efficacité de l’État dans ses fonctions régaliennes, redonner de la compétitivité à notre économie en libérant le travail et l’initiative, et par-dessus tout, donner envie à nos enfants et petits-enfants de se projeter pleinement dans leur pays, plutôt que de le quitter. Cela supposera de sortir d’un système collectiviste et hyper centralisateur, intrinsèquement lié à l’Histoire de France, qui est un Etat-Nation. La grande cause nationale du prochain quinquennat devra être la lutte contre la bureaucratie, qui étouffe l’action publique et privée, freine les initiatives et éloigne les décisions du terrain. Il faudra en finir avec cette fiction de l’État Providence pour bâtir un État performance. C’est tout ce à quoi je travaille avec Nouvelle Energie.
Vous avez annoncé votre candidature à la présidence. Il n’est pas d'habitude qu’un maire d’une ville moyenne ou petite se présente à la présidence. Mais vous présidez également l’Association des maires de France. Que peuvent apprendre les Français de votre administration à Cannes ?
- Je crois au contraire que c’est une bonne nouvelle qu’un maire se présente à l’élection présidentielle. Cela change d’un système où le pouvoir est trop souvent monopolisé par des profils identiques, avec une vision très étatiste et déconnectée du terrain. Et l’on voit aujourd’hui les résultats. Être maire, c’est exercer concrètement une responsabilité confiée par les habitants : gérer un budget, piloter des équipes, prendre des décisions qui ont des effets immédiats sur leur vie. Je viens du monde du commerce où j’ai appris à vivre de mes résultats et le sens de la responsabilité individuelle. Cela donne une expérience et surtout une légitimité fondée sur un bilan.
À Cannes, nous avons appliqué des principes simples mais exigeants, qu’appliquent toutes les entreprises ou collectivités bien gérées, et qui doivent être transposés à l’État : une gestion rigoureuse de l’argent public, une sobriété dans la dépense et la fiscalité, une exigence dans le management des agents et la culture du résultat. Dire ce que l’on va faire, et faire ce que l’on a dit. Par ailleurs, Cannes est très loin de la caricature véhiculée par certains. C’est une ville très contrastée, avec un taux de pauvreté et une immigration historiquement élevée. Et c’est justement dans ce contexte difficile que nous avons démontré qu’une autre politique peut produire des résultats positifs. Qu’il est possible de gouverner avec bon sens.
Pensez-vous que nous assistons à la montée en puissance des collectivités locales ? La France doit-elle se rencontrer avec ses gouvernements territoriaux?
- Il y a bien des contre-exemples, mais dans leur immense majorité, les collectivités sont bien mieux gérées que l’État, qui lui s’est enfermé dans une spirale infernale de dépenses improductives, au point de prélever toujours plus les communes pour financer son train de vie. Les élus locaux sont des habitants parmi les habitants, et sont responsables devant eux. Ils sont accessibles, “à portée d’engueulade”, et donc beaucoup plus en phase avec les attentes réelles du pays que les technocrates parisiens qui eux n’ont de compte à rendre à personne, et sont recasés lorsqu’ils perdent les élections. Cette proximité impose une exigence de résultats que l’on ne peut pas contourner.
À travers l’Association des maires de France, nous avons joué un rôle de lanceur d’alerte depuis plusieurs années, que ce soit sur la montée du narcotrafic ou l’accumulation de normes, que nous affrontons tous les jours dans nos communes. Ces sujets, longtemps ignorés, sont aujourd’hui enfin reconnus, même si les réponses de l’État restent tardives et étatistes, donc inefficaces. Nous avons imposé une grande réforme pour la liberté locale.
La vraie question est en effet celle du modèle. La France doit cesser de fonctionner selon une logique jacobine, verticale, où tout remonte et descend de Paris et où les mêmes profils issus des mêmes écoles et des mêmes cercles se reproduisent. Il est plus que temps d’en finir avec cette consanguinité et de renouveler les élites, en oxygénant la formation des grands corps de l’État et de la magistrature, en instaurant un spoil system.
Mais il faudra aller plus loin et assumer une réforme territoriale profonde. Je suis favorable au remplacement des régions et des départements, devenus illisibles et redondants, par des provinces : des collectivités de taille intermédiaire, cohérentes avec les réalités historiques, culturelles et identitaires de notre pays. Cette organisation s’inscrirait dans l’esprit de rationalisation et de respect de identités locales, porté par Michel Debré, avec pour objectif de rendre l’action publique plus claire, plus efficace et plus proche des citoyens. Aujourd’hui, il y a trop d’échelons, trop d’intermédiaires entre l’État et le citoyen. Cette complexité nourrit la dépense publique, dilue les responsabilités et affaiblit l’efficacité de l’action.
Vous appartenez au large spectre de la droite française. Si l’on additionnait tous les partis de droite, lors des récentes élections municipales, la droite aurait été le parti ayant recueilli le plus de voix. Mais elle est fragmentée et divisée. Comment percevez-vous la droite française aujourd'hui?
-La droite française, c'est une majorité sociologique représentée par des minorités politiques. C’est un problème d’offre, pas de demande. Les Français qui aspirent à une remise en ordre de leur pays par la liberté et la responsabilité, pour leur prospérité, sont ultra majoritaires. Le problème de la droite, c’est qu’elle est souvent de gauche, conformiste et parfois paresseuse sur le plan intellectuel et compromise par des jeux de notables sur le plan stratégique. Je n’ai jamais fait partie de ce monde-là. La droite que je défends est claire, pragmatique et libérale : moins d'État, plus de liberté et plus d'autorité là où elle est nécessaire. Que l’on arrête de subventionner l’oisiveté et ceux qui nuisent, et qu’on libère ceux qui travaillent et produisent. Nous devons non seulement parler, mais surtout proposer des solutions pour réformer l’Etat, décentraliser réellement la puissance publique, appliquer le principe de subsidiarité, broyer la bureaucratie qui broie la France depuis des décennies. La droite doit enfin s’emparer des enjeux stratégiques liés à l’intelligence artificielle, à l’essor de la quantique et de l’industrie spatiale qui, combinées, induiront une révolution anthropologique majeure, dont la France ne doit pas être la spectatrice. C’est pour défendre en toute liberté ce projet que j’ai fondé Nouvelle Energie.
Vous avez évoqué la nécessité d'unir la droite française. Comment comptez-vous y parvenir, en vue de 2027 ?
- Face à la multiplication des candidatures légitimes à droite, et à la domination du Rassemblement National et de La France Insoumise (qui est aujourd’hui le pire ennemi de la République) il faut être lucide : si nous partons divisés, nous courons le risque d’être éliminés dès le premier tour de la présidentielle. Il faut donc organiser un “quart de finale” pour espérer atteindre la “demi-finale”. Concrètement, cela passe par une grande primaire ouverte, sur le modèle de celle de 2016 qui avait rassemblé des millions de Français, créé un véritable engouement et permis de confronter des projets et des personnalités, jusqu’à faire émerger la candidature de François Fillon, qui n’était pas le choix des notables et des médias, mais des habitants. Depuis, l’électorat de droite est éparpillé, alors même qu’une majorité de Français, de droite et au-delà, attend des réponses simples : de meilleurs salaires pour eux-mêmes, une meilleure école pour leurs enfants, plus de sécurité. Je suis convaincu que le projet libéral, sécuritaire et éducatif que je porte est le seul à même de répondre à ces attentes et de redresser le pays. Avec ou sans primaire, je le porterai quoiqu’il arrive.
Vous avez salué l’action du président argentin Javier Milei. Que voyez-vous en lui ?
- Il a d’abord une vision claire des principes de respect de la liberté, de responsabilité et de la vie. Je vois ensuite en Javier Milei un homme qui a eu le courage dans un pays corrompu, dans les deux sens du terme, par le collectivisme, de s’attaquer à l’excès de dépenses publiques, à la bureaucratie, au capitalisme de connivence et à toutes les dérives qui ont toujours accompagné les Etats dirigés par des personnes ne concevant l’action publique que par l’usage excessif de la dépense, de la taxe, de la norme. Ses réformes ont déjà produit des effets positifs : des millions d’Argentins sont sortis de la pauvreté, et les loyers, pour ne prendre que cet exemple, ont baissé après la suppression d’un encadrement des prix inepte et inefficace, qui obsède encore beaucoup de politiques chez nous. Javier Milei a surtout démontré concrètement que le libéralisme peut fonctionner là où le socialisme, en l’occurrence le péronisme, qui est notre social-étatisme poussé à l’extrême, a fait perdre des décennies à un pays qui était autrefois l’un des plus prospères d’Occident. Il est en train de redresser son pays, et on peut espérer que cela suscite dans le reste du monde, comme on commence à le voir en Amérique latine, un nouvel engouement pour les très anciennes idées de liberté et de responsabilité.
Votre vision de Milei est significative, car la droite française semble "engluée" dans un débat sur le rôle de l'État dans l'économie. Pensez-vous que les idées économiques de Milei soient importantes dans le débat au sein de la droite?
- Le débat sur le rôle de l’État est depuis longtemps au cœur du blocage à droite, qui critique l’excès d’État, mais n’ose pas rompre avec le fiscalisme, notamment, qui l’alimente. Javier Milei démontre que la sobriété budgétaire, la liberté économique et la simplification, cela marche plus que la suradministration et l’assistanat. La droite française a trop souvent cherché à être acceptée en imitant la gauche, y compris sur le plan économique, en reprenant ses réflexes et ses tabous. Pendant ce temps, ailleurs, des dirigeants ont su mener des réformes libérales, qu’elles soient portées par des majorités de droite ou sociales-démocrates, comme Ronald Reagan aux États-Unis, Margaret Thatcher au Royaume-Uni, Jean Chrétien au Canada ou Gerhard Schröder en Allemagne. La vraie rupture libératrice pour mon pays sera d’assumer que l’État doit se recentrer sur ses missions essentielles, et faire enfin confiance aux Français pour créer de la richesse. En bref, de les laisser vivre en paix !
Milei ne symbolise pas seulement un programme économique: il représente aussi une géopolitique. Allié des États-Unis et d'Israël, il considère le libertarianisme comme la défense morale des valeurs occidentales et il est l'un des principaux alliés de Donald Trump sur la scène internationale. Quel est votre avis sur la géopolitique de Milei?
- La doctrine internationale de l’Argentine assume clairement un ancrage occidental, donc un positionnement atlantiste et un soutien inconditionnel à l’existence de l’Etat d’Israël, sur lesquels je me retrouve pleinement. Je ne me reconnais en pas revanche une grande proximité intellectuelle et politique avec Viktor Orbán, qui vient d’ailleurs d’être défait par les électeurs hongrois, et dont les positions et les ambiguïtés vis-à-vis de la Russie posent question. Vladimir Poutine est un adversaire déclaré de l’Occident, et il faut être clair sur ce point. D’ailleurs, Javier Milei ne s’y trompe pas en étant un soutien résolu de l’Ukraine face à l’agression russe. La France doit, elle aussi, tenir une ligne plus claire pour rompre avec la pantalonnade qu’est devenue sa politique internationale ces dernières années. Nous devons être intraitables avec les vieux empires qui entendent prendre leur revanche et remettent en cause nos intérêts stratégiques, comme la Russie bien sûr, mais aussi la Chine dans une certaine mesure, la Turquie et dans une autre mesure, l’Iran, que l’on espère voir bientôt basculer dans le camp de la liberté.
À l’ère Trump, la France semble se trouver à un tournant géopolitique, tout comme la droite française. Certains courants, notamment au sein de la faction plus traditionnelle du RN, paraissent davantage enclins à embrasser un nationalisme autarcique, hostile aux États-Unis, tandis que d’autres estiment que le patriotisme de droite actuel devrait s’aligner avec Trump et ses propositions pro-occidentales. Quelle est votre vision? Quelle devrait être la géopolitique de cette grande coalition de la droite française, telle que vous l’envisagez pour 2027?
- Quels sont les intérêts de la France ? C’est à partir de cette question que doit se construire toute stratégie géopolitique. Nous devons défendre une certaine idée de la civilisation européenne, fondée sur l’État de droit, la liberté et la responsabilité individuelle. Cette civilisation repose sur des intérêts et des valeurs partagées, qui doivent guider nos alliances comme nos choix stratégiques.
La France qui était hier une grande puissance est désormais en voie de vassalisation, ce qui se vérifie très concrètement dans le domaine du numérique, dominé à la fois par les plateformes américaines et les réussites technologiques de la Chine. La défense de notre rang exige de retrouver notre souveraineté, qui exige elle-même une ambition industrielle et scientifique de premier plan, à même de rivaliser avec les grandes puissances. Car il y a une ambition française à retrouver. La France n’est pas un pays comme les autres et elle a une voix singulière à porter dans le monde. Par son histoire, sa culture, sa langue, parlée sur tous les continents, mais surtout par son universalisme, qui refuse d’assigner les individus à leurs origines, à leur couleur de peau ou à leur communauté. C’est un message puissant, unique, que la France doit continuer de porter.
À cela s’ajoutent des atouts exceptionnels, que sont la géographie, un patrimoine incomparable, une qualité de vie qui, si elle est préservée et valorisée, peut rester sans équivalent dans le monde. C’est aussi cela, la puissance : l’attractivité, la capacité à faire vivre un modèle désirable. En clair, la ligne doit être la suivante : française, européenne et occidentale. Française, parce que nous devons être responsables de nous-mêmes. Européenne, parce que notre puissance passe aussi par des coopérations renforcées. Occidentale, parce que nous partageons un socle de valeurs et d’intérêts qu’il serait irresponsable de nier. C’est cet équilibre, fait d’indépendance, d’alliances et de puissance, qui doit nous guider pour être à la hauteur des défis de 2027 et du monde qui vient. .